Politique
Rwanda-RDC : désaccord sur le rapatriement de 39 personnes entre Kigali et la Monusco
Le Rwanda a renvoyé en RDC 39 personnes précédemment rapatriées au Rwanda dans le cadre d'un programme de démobilisation, affirmant qu'elles n'étaient pas des ex-combattants des FDLR, tandis que la Monusco déclare n'avoir joué aucun rôle dans ce transfert, selon des communiqués publiés fin juillet 2
Par Rédacteur NIE
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Le Rwanda a renvoyé en RDC plusieurs dizaines de personnes qui avaient auparavant été rapatriées au Rwanda dans le cadre du programme de désarmement et de réintégration d'anciens combattants rwandais et de leurs dépendants, affirme Kigali dans un communiqué publié jeudi 31 juillet 2026. Selon RFI Afrique, il s'agit de 39 hommes et femmes qui avaient été rapatriés de Goma vers le Rwanda sept mois auparavant et présentés officiellement comme des membres des FDLR et leurs dépendants. L'opération s'est déroulée en présence de responsables de la Monusco, selon les autorités rwandaises.
Dans son communiqué du jeudi 31 juillet 2026, la mission des Nations unies en RDC (Monusco) affirme n'avoir joué « aucun rôle » dans ce transfert. La Monusco précise qu'avant tout rapatriement vers le Rwanda, elle applique un processus de vérification et que seules les personnes reconnues éligibles sont inscrites sur une liste transmise à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), chargée d'accorder l'approbation finale. Elle suggère ainsi que les autorités rwandaises ont renvoyé en RDC des personnes qu'elles avaient elles-mêmes auparavant admises dans le programme.
La Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration, dans son communiqué, laisse entendre que la Monusco aurait rapatrié au Rwanda de faux ex-FDLR, estimant que les 39 personnes renvoyées ne remplissaient pas les critères du programme de démobilisation. Selon RFI Afrique, nos sources n'ont constaté aucune présence officielle de la Monusco au moment où ces personnes ont été renvoyées en RDC et accueillies à la frontière, mercredi 30 juillet 2026.
Ces 39 personnes faisaient partie d'un groupe rapatrié dans le cadre du programme DDRRR de la Monusco, indique RFI Afrique. Le programme DDRRR désigne le processus de désarmement, démobilisation, réintégration, réinsertion et rapatriement. L'opération initiale de rapatriement vers le Rwanda avait été conduite dans ce cadre, selon la même source.
La situation s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali autour de la question des FDLR. Comme indiqué dans l'article d'Actualite.cd du 13 septembre 2026, Kigali considère les FDLR comme une force « génocidaire » et une menace pour sa sécurité intérieure, tandis que Kinshasa rejette cet argumentaire et considère les menaces liées aux FDLR comme un prétexte utilisé par Kigali pour justifier sa présence militaire en RDC. Les autorités congolaises accusent également le Rwanda de soutenir la rébellion de l'AFC/M23 et de contribuer à l'exploitation illégale des ressources naturelles dans l'Est de la RDC.
Malgré les efforts diplomatiques dans le cadre des accords de Washington et du processus de Doha, aucune solution durable ne semble encore se dégager dans la région des Grands Lacs, selon Actualite.cd. Un statu quo persiste sur le terrain, alors que les appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour exhorter les différentes parties à respecter les engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix.
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