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RDC

RDC : l'armée réceptionne une deuxième école de camp à Kitona en moins d'un mois

La base militaire de Kitona au Kongo-Central a réceptionné une école don du ministre de la Défense Guy Kabombo Muadiamvita, selon la communication du ministère. Cette inauguration suit de quatre semaines celle du camp Kokolo à Kinshasa.

Par Rédacteur NIE

· 4 min de lecture

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RDC : l'armée réceptionne une deuxième école de camp à Kitona en moins d'un mois
Photo d'illustration© Impartial, Wikimedia Commons (CC0)

La base militaire de Kitona, dans le territoire de Moanda au Kongo-Central, a réceptionné une école baptisée « Maman Denise Nyakeru Tshisekedi ». L'infrastructure est un don du vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, selon la communication du ministère de la Défense relayée par Politico.cd. La cérémonie a été présidée par le commandant de la base, le lieutenant-général Mbangu Marcel.

Une « thérapie à caractère éducationnel »

Dans son allocution, le commandant de la base a parlé d'une « thérapie à caractère éducationnel » et salué un engagement tenu. L'infrastructure met fin, selon lui, à l'usage de locaux vétustes qui servaient de salles de classe. Elle évitera également à des enfants de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver un établissement aux normes. Le ministère inscrit l'ouvrage dans la vision du chef de l'État et commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et dans la consolidation de la gratuité de l'enseignement primaire.

Deuxième école en moins d'un mois

Kitona n'est pas un cas isolé. Le 4 septembre, au camp Lieutenant-colonel Kokolo à Bandalungwa, le même ministre inaugurait le complexe scolaire Marthe Kasalu Tshisekedi, du nom de la mère du chef de l'État, rapporte Politico.cd. Ce chantier est documenté dans le détail : 1 000 élèves attendus sur 1 420 mètres carrés, un bâtiment administratif, deux blocs pédagogiques de douze salles de classe pour le primaire et le secondaire, un bloc sanitaire de huit toilettes et un forage autonome. Les travaux ont duré dix semaines sur fonds propres du gouvernement. Le terrain était auparavant une décharge publique. L'établissement est public et gratuit, mais géré par le Service d'éducation civique et d'action sociale des Forces armées (SECAS), non par l'Éducation nationale.

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Une promesse d'octobre 2025

Un an plus tôt, le 7 octobre 2025, Guy Kabombo Muadiamvita était déjà à Moanda pour inspecter les recrues de Kitona. Il y avait écouté les doléances des épouses de militaires sur les infrastructures scolaires et s'était engagé à lancer « dans les tout prochains jours » la construction d'une école primaire et secondaire au camp Baki, à Moanda. Les deux sites relèvent du même territoire. Savoir si l'école réceptionnée cette semaine est celle annoncée alors n'est établi par aucune source publique, précise Politico.cd.

Des conditions de vie documentées de longue date

Le geste se mesure à ce qu'il corrige. Les conditions de vie dans les camps des FARDC sont documentées de longue date. Au camp Tshatshi, à l'inauguration du centre hospitalier en avril 2023, le général Éphraïm Kabi rappelait que les militaires étaient auparavant « soignés dans des conditions précaires, hospitalisés dans des tentes surpeuplées ». Au camp Katindo, à Goma, un atelier d'organisations locales décrivait en 2019 une surpopulation, un défaut d'accès à l'eau potable et des jeunes filles poussées à la rue. Au Sud-Kivu, le seul programme chiffré de logements militaires retrouvé, conduit par l'Organisation internationale pour les migrations sur financement néerlandais, a logé 1 038 militaires et quelque 5 000 dépendants pour 11 millions de dollars dans les camps de Nyamunyunyi et de Saïo ; auparavant, ces familles vivaient sous des tentes depuis des années.

À Kitona même, l'image est contrastée. En février 2020, plus de mille soldats inactifs de la base, en majorité des blessés de guerre, touchaient environ 30 000 francs congolais par mois, soit 17,60 dollars, contre 14 000 francs dix ans plus tôt. En janvier 2018, plus de trois cents ex-combattants démobilisés campaient depuis soixante-trois jours devant le bureau du territoire de Moanda pour réclamer leur rapatriement, dormant dehors ; quatre d'entre eux étaient morts faute de soins, selon une organisation locale de droits humains. La solde du militaire d'active, elle, est passée de 262 000 à 504 000 francs congolais à la paie de mars 2025.

Gratuité scolaire et primes impayées

Le ministère rattache l'ouvrage à la gratuité de l'enseignement primaire, appliquée depuis septembre 2019. La mesure a porté la part de l'éducation dans le budget de l'État de 11,6 % en 2017 à 21,8 % en 2021 et scolarisé au moins trois millions d'enfants supplémentaires, selon la Banque mondiale, pour un coût que l'institution chiffrait à bien plus d'un milliard de dollars par an. Près de 31 millions d'élèves étaient attendus à la rentrée 2026-2027.

Mais la gratuité tient par ceux qui enseignent, et c'est là que la province de l'école inaugurée se signale. En novembre 2025, les enseignants du primaire du Kongo-Central réclamaient huit mois de prime de gratuité impayée, une prime de 30 000 francs congolais par mois, environ treize dollars. En août 2026, la Dinacope annonçait la régularisation de 24 296 enseignants. À Kinshasa, en mars 2026, des enseignants de l'EP 11 Selembao déclaraient travailler sans salaire depuis quatre ans, faute de mécanisation.

Un chantier social adossé à la réforme de l'armée

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