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RDC

Nord-Kivu : MSF accuse le FRN d'entraver les soins aux victimes de violences sexuelles

Selon Politico.cd, Médecins sans frontières dénonce dans un communiqué du 2 novembre 2026 quatre règles imposées par les autorités du Front pour la refondation de la nation au Nord-Kivu, entraînant une chute de 41 % des consultations pour violences sexuelles entre janvier et août.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Nord-Kivu : MSF accuse le FRN d'entraver les soins aux victimes de violences sexuelles
Photo d'illustration© MONUSCO Photos, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Quatre règles restrictives imposées depuis janvier

Selon Politico.cd, qui rapporte un communiqué de Médecins sans frontières (MSF) publié à Goma le lundi 2 novembre 2026, les autorités sanitaires installées par le Front pour la refondation de la nation (FRN) dans les zones occupées du Nord-Kivu appliquent depuis le début de l'année quatre exigences conditionnant la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Ces règles exigent des signes visibles de blessures, des examens intrusifs, un passage obligé par la police et un délai maximal de 72 heures après les faits pour se présenter. MSF affirme que chacune de ces mesures réduit mécaniquement le nombre de victimes reconnues, la première écartant les agressions sans lésion apparente et la dernière excluant celles qui n'ont pas pu ou osé se déplacer dans les trois jours.

Atteinte au secret médical et pressions sur les soignants

L'organisation indique que les structures de santé, y compris celles appuyées par MSF, ont reçu l'ordre d'utiliser des formulaires exigeant les noms, adresses des victimes et détails sur les auteurs présumés. MSF y voit une atteinte au secret médical et une mise en danger des patientes, contraires aux normes éthiques internationales. Des patientes rapportent avoir été interrogées ou menacées pour les dissuader de consulter dans les cliniques humanitaires. Des professionnels de santé ont signalé à MSF des menaces de suspension ou d'emprisonnement en cas de non-conformité, certains cessant leur activité par crainte. Dans plusieurs centres, des dizaines d'enregistrements ont été effacés, d'autres ont cessé d'enregistrer ces cas pendant des mois.

Chute brutale des consultations et absence de suite aux engagements

Deux séries de données illustrent l'effet de ces mesures, selon le communiqué cité par Politico.cd. Le nombre de personnes venues chercher des soins a baissé de 41 % entre janvier et août 2026 dans certains établissements appuyés par MSF au Nord-Kivu. D'autres structures sont passées d'environ 80 victimes prises en charge par mois en 2025 à neuf par mois en 2026, soit une chute de près de 89 %. La directrice des opérations de MSF, Akke Boere, déclare qu'une baisse des signalements ne signifie pas un recul des violences, mais que les victimes se heurtent à des obstacles. MSF indique avoir obtenu des engagements correctifs en octobre 2026 après un dialogue régulier, mais constate un mois plus tard qu'ils n'ont pas été appliqués. L'organisation appelle le FRN à garantir une prise en charge protégée, confidentielle et accessible. Au premier semestre 2026, MSF a pris en charge plus de 19 400 victimes au Nord-Kivu seul, soit une moyenne de 3 200 par mois, concentrant près des trois quarts du volume national de 2025. Le FRN, créé le 12 octobre à Goma sous la direction de l'ancien président Joseph Kabila sur les structures de l'AFC/M23, n'a pas réagi publiquement au communiqué.

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