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Économie

À Madagascar, le pari du raphia et du cuir de zébu haut de gamme

Ligne 3 : À Madagascar, des jeunes créateurs transforment localement le cuir de zébu et le raphia en accessoires haut de gamme pour viser les marchés internationaux, selon RFI Afrique.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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À Madagascar, le pari du raphia et du cuir de zébu haut de gamme
Photo d'illustration© louis_aureglia, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Ligne 4 : Antananarivo atelier cuir Dans le quartier d'Andraisoro à Antananarivo, une vingtaine de peaux de zébu sont immergées dans un mélange d'eau et d'écorces d'arbres pour un tannage végétal d'au moins 21 jours, selon RFI Afrique. Cette étape est la première de la fabrication des sacs de Saravea, une entreprise créée en 2025 par deux jeunes femmes, Ando Rasolonjatovo et Domoina, rapporte RFI Afrique. L'idée est de créer et de montrer au monde qu'on peut réaliser des produits d'exception made in Madagascar, explique Ando Rasolonjatovo, cofondatrice âgée de 37 ans, selon RFI Afrique. Elles dessinent des sacs qui mêlent cuir et raphia, avec des teintures naturelles : le raphia est teint avec des feuilles de manioc pour le vert et du curcuma pour le jaune, selon RFI Afrique. Le cuir de zébu est particulièrement difficile à manier, mais elles ont concentré leurs efforts sur la maîtrise du tannage pour obtenir un cuir très souple et sans odeur, poursuit Ando Rasolonjatovo, selon RFI Afrique. Elles réalisent elles-mêmes leur propre tannage dans des bassins, puis préparent les peaux pour le parage, la découpe et la couture, selon RFI Afrique. Lucien, leur chef d'atelier, leur a appris les gestes nécessaires, selon Ando Rasolonjatovo citée par RFI Afrique. Chaque pièce passe par des gestes entièrement manuels, jusqu'à la couture au point sellier, des points troués un à un à la main puis cousus avec deux aiguilles en va-et-vient, une technique jugée supérieure pour la durabilité, selon Ando Rasolonjatovo via RFI Afrique. Cette exigence répond à l'ambition d'exporter un produit fini, plutôt que des matières brutes, selon RFI Afrique. L'artisanat malgache a généré 32 millions d'euros d'exportations en 2024, dont 58 % pour les produits à base de fibres végétales, précise RFI Afrique. Sur l'île, près de 70 % du raphia exporté quitte encore le pays sans avoir été transformé, souligne RFI Afrique. Ce qui démarque Saravea, ce sont surtout ses modèles assez vintage, sortant des basiques comme les cabas ordinaires, selon Ando Rasolonjatovo citée par RFI Afrique. L'objectif est clairement de faire de l'export et d'obtenir des contrats de grandes marques pour des sous-traitances, ajoute-t-elle, selon RFI Afrique. Lucien, le chef d'atelier, apprécie cette ambition pour partager le savoir-faire et former les jeunes, car une fois perdu, ce savoir ne servira plus à rien, selon RFI Afrique. À Saravea, le pari est double : faire monter en gamme des matières malgaches encore largement exportées à l'état brut, et surtout transmettre les gestes qui permettent de leur donner davantage de valeur, conclut RFI Afrique.

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