RDC
Mabalo Lokela, premier cas index d'Ebola, est mort il y a 50 ans au Zaïre
L'instituteur zaïrois Mabalo Lokela, identifié comme le premier cas index de la maladie à virus Ebola, est décédé le 8 septembre 1976 à Yambuku, au nord du Zaïre, selon un article de RFI publié le 8 septembre 2026.
Par Rédacteur NIE
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Selon RFI, l'instituteur Mabalo Lokela, directeur de l'école de la mission catholique de Yambuku, termine ses vacances dans la région de l'Équateur à l'été 1976. Il parcourt plusieurs localités, dont Kotakoli, Yakoma, Wapinda et Abumombanzi, avec six compagnons. Près d'Abumombanzi, le groupe achète un singe et une antilope sur un marché local. La viande est bouillie par son épouse. Peu avant de rejoindre Yambuku, Mabalo Lokela traverse la rivière Ebola.
Les premiers symptômes et le décès
Quatre jours après son retour, le 26 août 1976, Mabalo Lokela se présente à l'hôpital de Yambuku, géré par des sœurs belges de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Gravenwezel. Il souffre de fièvre. Le paludisme étant endémique, il reçoit une injection de chloroquine. Sa fièvre disparaît puis réapparaît le 1er septembre à 39,2°C, selon un rapport de mission internationale de 1978 cité par RFI. De nouveaux symptômes surviennent : saignements gastro-intestinaux. Il est admis à l'hôpital le 5 septembre et meurt le 8 septembre 1976. Il demeure le « cas index », le premier mort socialement connu de la maladie à virus Ebola, alors encore inconnue.
Propagation à l'hôpital et enquête
Son épouse et l'un de ses enfants, ayant consommé la viande de brousse, tombent malades. De nouveaux cas suspects apparaissent, dont des femmes enceintes et des participants aux funérailles. Le docteur Ngoï Mushola, médecin chef de la zone de Bumba, relate dans un rapport du 19 septembre les fortes fièvres, fatigues, douleurs gastriques et vomissements de sang. Au 16 septembre, il recense 13 cas hospitalisés et 9 morts, dont une sœur belge. Des patients fuient vers des tradipraticiens. Au moins neuf autres cas sont recensés parmi des personnes traitées en consultation externe. RFI rapporte que l'hôpital, équipé de seulement cinq seringues par jour simplement lavées à l'eau chaude, a été le lieu de propagation du virus.
L'intervention de Jean-Jacques Muyembe
Face à cette « maladie mystérieuse » ne répondant pas aux traitements habituels, le professeur Jean-Jacques Muyembe, alors âgé de 34 ans, et le docteur Omombo, colonel de l'armée zaïroise, sont dépêchés à Yambuku par le ministère de la Santé. Leur mission : enquêter sur la cause de l'épidémie. Ils trouvent un hôpital presque vide. Les prélèvements sont effectués à main nue sur des personnes décédées et vivantes, dont l'infirmier Sukato Mandzomba, l'un des premiers survivants. Jean-Jacques Muyembe déclare à RFI que le lavage régulier des mains l'a probablement protégé. La mission est écourtée pour envoyer les échantillons à Kinshasa.
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