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RDC

Lemera : 30 ans après, Mukwege dénonce la négligence internationale et réclame justice

À Bruxelles, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a lancé une campagne de sensibilisation pour le 30e anniversaire du massacre de Lemera, survenu le 6 octobre 1996 au Sud-Kivu. Il réclame justice et une stratégie nationale de justice transitionnelle.

Par Rédacteur NIE

· 2 min de lecture

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Lemera : 30 ans après, Mukwege dénonce la négligence internationale et réclame justice
Photo d'illustration© EdwinAlden.1995, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Selon Politico.cd, qui reprend une dépêche AFP, le gynécologue congolais Denis Mukwege a participé début octobre 2026 à Bruxelles au lancement d'une campagne de sensibilisation marquant les trente ans du massacre de Lemera. Cet événement, survenu le 6 octobre 1996 dans le Sud-Kivu, coïncide avec le début de la première guerre du Congo. Le prix Nobel de la paix a dénoncé ce qu'il qualifie de « négligence internationale » face à la crise congolaise.

Une campagne de sensibilisation à Bruxelles

Dans une publication sur son compte X, Denis Mukwege a salué l'engagement de la Ville de Bruxelles. Il a remercié le bourgmestre Philippe Close et les membres du Collège communal pour les moyens humains et matériels déployés. Les affiches installées dans la capitale belge rappellent la situation des populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, ainsi que le sort des victimes de violences sexuelles. Le médecin a souligné que cette initiative vise à dire aux Congolais de l'est : « vous n'êtes pas oubliés. Votre souffrance compte. Votre dignité compte. Votre aspiration à la justice et à la paix compte ».

La justice transitionnelle au cœur des revendications

Au-delà de la commémoration, Denis Mukwege relance le débat sur les mécanismes judiciaires. Il s'appuie sur le rapport Mapping publié par les Nations unies en 2010. Ce document recense les violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises en RDC entre 1993 et 2003. Pour le lauréat du Nobel, la publication de ce rapport ne saurait constituer une fin en soi. Il plaide pour que les autorités congolaises adoptent et mettent en œuvre « une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle, avec l'appui des Nations Unies et de ses partenaires internationaux ».

Le massacre de Lemera et le rapport Mapping

Le 6 octobre 1996, l'hôpital de Lemera, alors dirigé par Denis Mukwege, avait été attaqué. Selon le rapport Mapping cité par la source, 37 personnes, dont deux membres du personnel soignant, des civils et des militaires zaïrois hospitalisés, avaient été tuées. Trois décennies plus tard, la question de la justice pour les victimes reste posée. Denis Mukwege réclame notamment une sépulture digne et l'érection d'un mémorial. Il estime que l'urgence n'est plus seulement de gérer la crise actuelle, mais de « construire une stratégie de sortie de crise juste et durable » où la justice transitionnelle serait centrale, affirmant que les millions de morts et de survivants congolais « ont aussi droit à leur Nuremberg ».

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