Afrique
Guinée : la tradition orale menacée, des initiatives pour la préserver
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Par Rédacteur NIE
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À Conakry, le conteur Moussa Doumbouya anime « Kumakan, la maison de l'oralité » pour contrer le recul de la tradition orale, que le sociologue Sonah Mady Camara attribue à une rupture générationnelle. Reportage de RFI diffusé le 7 novembre. IMAGE : Conakry tradition orale, Kumakan maison oralité, arbre palabre
RFI consacre son dossier du samedi 7 novembre à la tradition orale, pilier des cultures africaines. Selon le média, le savoir et les valeurs se transmettent habituellement de bouche à oreille dans les villages à travers contes, proverbes et légendes, mais cette tradition tend à disparaître face aux évolutions des sociétés.
Une maison pour l'oralité à Conakry
Dans la capitale guinéenne, de jeunes acteurs culturels tentent de préserver cet héritage. Le reportage de Sarata Camara emmène l'auditeur à Kumakan, présentée comme la maison de l'oralité et du patrimoine. Le lieu est décrit comme un espace clos par une clôture en bambou, au sol recouvert de gravier, où l'eau est servie dans de petites calebasses tirées d'un canari. Assis à même le sol, le public écoute Moussa Doumbouya, plus connu sous le nom de « Petit tonton », conteur et l'un des promoteurs de l'initiative.
Pour lui, l'enjeu est vital : « Nous sommes en train de perdre une bonne partie de notre histoire, de notre patrimoine et donc, cette culture doit continuer et cette tradition de l'oralité doit continuer à exister. » Plusieurs activités y sont organisées, notamment des soirées généalogies et histoires familiales ainsi que des nuits du conte. Moussa Doumbouya explique la genèse du projet : « L'élément déclencheur de tout cela, c'est qu'un jour, en faisant des recherches, Nènè m'a dit que le conte c'est l'école de la vie, dans la tradition africaine. A travers le conte, on apprend à prendre la parole en public, on apprend de la géographie, l'histoire, les calculs. »
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Une rupture générationnelle pointée du doigt
Pour analyser cette disparition progressive, RFI a interrogé Sonah Mady Camara, sociologue et enseignant-chercheur au département de sociologie de l'université Général Lansana Conté de Sonfonia. Selon lui, la tradition orale disparaît à cause d'une rupture entre les anciennes et les nouvelles générations. Il observe : « Il y a un recul de la part des jeunes par rapport à la connaissance sociétale. »
Le sociologue précise que le recul et la disparition progressive de la tradition orale en Afrique face aux évolutions de la société moderne constituent un sujet crucial qui touche à la mémoire et à la transmission culturelle du continent tout entier. Les contes, proverbes, légendes et devinettes servaient pourtant, dans les sociétés traditionnelles, à transmettre des valeurs, éduquer les jeunes générations et réguler la vie en société.
Un patrimoine éducatif et social
L'initiative de Kumakan vise à recréer un cadre de transmission similaire à l'arbre à palabre traditionnel. Le reportage souligne que la devise « Ouvre ton regard et ton cœur envers les autres et le monde changera » accompagne cette démarche. Moussa Doumbouya insiste sur la dimension éducative globale du conte, qui ne se limite pas au divertissement mais structure l'apprentissage de la vie en communauté.
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