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RDC

Fonds Ebola : polémique sur les enveloppes aux caucus de députés en Ituri, Nord-Kivu et Haut-Uélé

Des fonds alloués par le ministre de la Santé aux caucus de députés de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Haut-Uélé pour la sensibilisation contre Ebola font l'objet de contestations, selon Radio Okapi le 19 octobre 2026.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Fonds Ebola : polémique sur les enveloppes aux caucus de députés en Ituri, Nord-Kivu et Haut-Uélé
Photo d'illustration© MONUSCO Photos, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Montants alloués et objectif affiché

Selon Radio Okapi, le ministre de la Santé a remis des enveloppes financières aux caucus des députés nationaux des trois provinces touchées par l'épidémie d'Ebola. Le caucus du Nord-Kivu et celui de l'Ituri ont chacun reçu 150 000 dollars américains, tandis que celui du Haut-Uélé a bénéficié de 50 000 dollars. L'objectif affiché était d'impliquer les élus dans la riposte sanitaire grâce à leur proximité avec les communautés locales. La gestion de ces ressources fait aujourd'hui l'objet de vives contestations au sein des caucus et de la société civile.

Contestations au Nord-Kivu et en Ituri

Au Nord-Kivu, plusieurs acteurs locaux demandent des éclaircissements sur les activités réalisées dans les zones de santé de Beni, Butembo et Lubero. Le député national Elie Kambale a interpellé le ministre de la Santé à l'Assemblée nationale pour obtenir un état des lieux des montants décaissés et un bilan des actions menées. La députée Jeanine Kavira Katasohire, élue de Butembo, affirme avoir reçu 46 500 dollars. Elle déclare qu'une partie, soit 9 300 dollars, a servi à l'achat de gels hydroalcooliques et de thermoflash pour les zones de santé de Katwa et Butembo. Elle évoque aussi la réalisation de neuf forages d'eau dans des écoles et des campagnes de sensibilisation communautaire et radiophonique. Malgré ces explications, des observateurs s'interrogent sur l'utilisation de l'ensemble de l'enveloppe du caucus. Des acteurs de la société civile, s'exprimant le 8 octobre auprès de Radio Okapi, estiment que si les allégations de détournement se confirment, elles pourraient nuire à la mobilisation communautaire. À Oïcha, l'acteur politique Emery Katavali appelle les députés concernés à s'expliquer.

En Ituri, certains députés indiquent avoir reçu leur part et mené des activités de sensibilisation, en présentiel ou à distance. L'un d'eux affirme toutefois ne pas connaître le montant total de l'enveloppe attribuée au caucus provincial, ce qui soulève des interrogations sur le niveau d'information partagé entre bénéficiaires.

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Accusations explicites au Haut-Uélé

La polémique est particulièrement vive dans le Haut-Uélé. Le député national Joseph Bangakya Angaze accuse certains de ses collègues d'avoir détourné les fonds destinés à la sensibilisation et demande des explications. Ces accusations sont rejetées par le président du caucus, Norbert Samaki. Selon lui, seuls six des onze députés se sont rendus sur le terrain pour les activités de sensibilisation. Il explique que les fonds ont été répartis entre ces six élus, qui auraient ensuite reversé une partie à leurs collègues absents. D'après lui, cette répartition est à l'origine des tensions. Norbert Samaki appelle les instances compétentes à examiner le dossier.

Position de l'Assemblée nationale

Contacté par Radio Okapi, le bureau de l'Assemblée nationale estime ne pas être directement impliqué dans la gestion de ces fonds. Selon cette institution, les sommes relèvent d'échanges entre le ministère de la Santé et les caucus provinciaux, considérés comme des structures informelles. Le dossier aurait été transmis au comité des sages de l'Assemblée nationale, notamment pour les contestations au Haut-Uélé. En l'absence de communication officielle du ministère de la Santé, aucune instance n'a établi formellement les accusations de détournement. De nombreux acteurs jugent indispensable un bilan détaillé des fonds, des dépenses et des actions pour garantir la transparence.

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