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Économie

Dette de la RDC : Doudou Fwamba répond à Joseph Kabila et défend l'emprunt

Le ministre des Finances Doudou Fwamba a répliqué le 10 octobre aux critiques de Joseph Kabila sur l'endettement, affirmant que la dette représente moins de 20 % du PIB et défendant le recours à l'emprunt comme levier de développement, selon Politico.cd.

Par Rédacteur NIE

· 4 min de lecture

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Dette de la RDC : Doudou Fwamba répond à Joseph Kabila et défend l'emprunt
Photo d'illustration© Goshen GIPOY, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Un ratio dette-PIB présenté comme soutenable

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, conteste la présentation de la dette publique comme un fardeau pour la République démocratique du Congo. Il répondait, dans une publication sur le réseau social X, aux critiques formulées la veille par Joseph Kabila lors d'un discours. L'ancien chef de l'État avait évoqué une dette dépassant 18 milliards de dollars, selon Politico.cd.

Le ministre déplace le débat du montant absolu vers le poids relatif dans l'économie. L'endettement congolais représente, selon les chiffres qu'il avance, moins de 20 % du produit intérieur brut (PIB). Il oppose ce niveau à la moyenne de 60 % observée dans les pays d'Afrique subsaharienne. Présenter un tel ratio comme un fardeau « résulte soit de la mauvaise foi politique, de la méconnaissance des fondamentaux en matière de gestion économique et financière ou encore d'une absence de vision stratégique en matière du financement de développement », écrit-il. Il distingue deux opérations : assainir la dette publique et l'utiliser comme levier de financement des infrastructures tout en maintenant sa soutenabilité, ce qu'il affirme faire depuis 2019.

La publication du ministre ne détaille toutefois ni le service annuel de la dette, ni les conditions des emprunts contractés, ni la part des recettes publiques consacrée au remboursement. Ce sont pourtant ces trois données qui indiquent ce que l'État paie chaque année et à quel coût, relève la source.

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Deux bilans économiques opposés

Le ministre oppose ensuite deux bilans de gouvernance. Pour la période close en 2019, au terme des dix-huit années de gestion de Joseph Kabila, il décrit un pays doté d'un PIB nominal d'environ 50 milliards de dollars, de 1,3 milliard de dollars de réserves de change à la Banque centrale, d'un budget de 4 milliards de dollars, d'un déficit du compte courant de 3,2 % du PIB, sans accès aux marchés de capitaux internationaux ni programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour l'année 2026, il avance un PIB nominal de 120 milliards de dollars, 8 milliards de dollars de réserves, un budget de 18 milliards de dollars, un déficit du compte courant ramené à 1,3 % du PIB en 2024, un accès aux marchés et trois programmes formels avec le FMI. « Entre ces deux périodes de gouvernance, aucune comparaison possible. C'est la nuit et le jour », tranche-t-il. Politico.cd note que ces comparaisons ne sont accompagnées d'aucune référence statistique et que la publication ne précise pas s'il s'agit de données exécutées ou prévisionnelles. La distinction compte, la hausse du budget 2027 devant une part de sa progression au taux de change retenu, et un montant libellé en dollars ne disant pas la même chose qu'un montant en francs congolais.

Accès aux marchés, programmes du FMI et politiques sociales

Sur les relations financières internationales, le ministre revendique l'accès aux marchés et les trois programmes formels avec le FMI. Il avait déjà défendu l'Eurobond devant l'Assemblée nationale comme une percée historique et porté ce message aux assemblées du FMI et de la Banque mondiale. Il attribue l'absence de programme formel sous la gouvernance précédente au manque de transparence et au refus de publier « des contrats léonins signés avec nos sociétés d'État du secteur minier ».

Le ton se durcit à l'endroit de l'ancien chef de l'État, dont il dit qu'il est « tombé à la fois dans un déni et une dénégation psychologique » sur l'héritage économique. « On croirait entendre un ange du ciel qui parle du satan », écrit le ministre.

La réplique s'étend aux politiques sociales. Le ministre cite la gratuité de l'enseignement primaire, celle de la maternité, l'assurance santé des professeurs d'université et des magistrats. Il reproche à la période précédente l'absence d'université moderne construite en dix-huit ans, de nouvelle piste d'atterrissage, de bâtiment administratif dans les 145 territoires, et de route asphaltée à Isiro, Bunia, Kananga, Kikwit ou Buta. Il y voit les marques d'une transformation engagée sous le président Félix Tshisekedi.

Au terme de sa réponse, il appelle les Congolais à participer au dialogue pour exprimer leurs désaccords et renouveler le serment d'un Congo uni. Il s'adresse aussi aux acteurs armés, auxquels il demande de déposer les armes et de s'engager dans un dialogue sans condition. « Il est possible d'exprimer nos désaccords sans tuer nos compatriotes innocents », écrit-il, reliant sa défense du bilan gouvernemental à un appel à la paix dans l'Est.

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