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Politique

Christophe Lutundula défend le droit de manifester et renvoie le débat constitutionnel au dialogue national

Le sénateur Christophe Lutundula a défendu mardi 15 septembre le droit de manifester de l'opposition lors d'un Space live, tout en renvoyant le débat constitutionnel au dialogue national convoqué par le chef de l'État, selon Actualite.cd.

Par Rédacteur NIE

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Christophe Lutundula défend le droit de manifester et renvoie le débat constitutionnel au dialogue national
Photo d'illustration© Arsène Mpiana / European Union, 2023 / EC - Audiovisual Service, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Droit de manifester et respect des règles

Lors d'un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le sénateur Christophe Lutundula, président de la commission des Relations extérieures au Sénat et ancien ministre des Affaires étrangères, s'est exprimé face à l'opposant Delly Sesanga sur la marche de la coalition C64. Interrogé sur la légitimité de la mobilisation, il a rappelé que la loi de décembre 2007 portant statut de l'opposition, prise en application de la Constitution, reconnaît à l'opposition le droit de manifester, de s'exprimer et d'accéder à l'information sur la gestion du pays. « De ce point de vue-là, il n'y a pas à discuter », a-t-il tranché, selon Actualite.cd.

Le sénateur a toutefois nuancé son propos en soulignant que l'enjeu principal reste l'observance des règles dans l'exercice de ce droit. Il a confié n'avoir suivi que partiellement le déroulement de la marche, ayant aperçu les premiers rassemblements à Bandal avant de rejoindre la plénière d'ouverture de la session parlementaire, et n'avoir découvert l'ampleur des violences que plus tard, sur les réseaux sociaux.

Appel à la saisine de la justice

Reprenant les propos tenus par le ministre de la Justice lors d'une précédente manifestation, Christophe Lutundula a plaidé pour que toute violation flagrante de la loi, qu'elle soit le fait de l'opposition ou du pouvoir, soit portée devant l'autorité judiciaire. « Il faut que la justice soit régulièrement saisie et qu'elle sévisse », a-t-il insisté, se refusant à porter un jugement de condamnation politique sur les événements. S'adressant directement à Delly Sesanga, avocat de formation, il a estimé n'avoir « rien à [lui] apprendre » sur ce terrain, tout en reconnaissant que les prises de position de l'opposition relevaient de « bonne guerre » politique.

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Le débat constitutionnel renvoyé au dialogue national

Sur le fond des revendications de l'opposition, notamment la question du troisième mandat et d'un éventuel changement de Constitution, Christophe Lutundula a refusé de se poser en arbitre de ce que l'opposition peut ou ne peut pas revendiquer. « Ce n'est pas à moi, de la majorité, de dire à l'opposition : ici vous pouvez manifester, ici vous ne pouvez pas », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que cette question « préoccupe tout le monde » dans une République démocratique.

Pour lui, le lieu approprié pour trancher ces sujets n'est pas la rue, mais le dialogue national convoqué par le chef de l'État. « On ne peut pas éviter cette question-là », a-t-il martelé, avant d'inviter, non sans ironie, ses « amis de l'opposition » à « préparer leurs cartouches », dans le sens d'arguments, pour ce rendez-vous. Il a par ailleurs salué « l'opposition non armée », qu'il juge « légale » et « républicaine », et appelé à une « décrispation » qu'il présente comme une responsabilité partagée entre pouvoir et opposition.

Rejet de l'idée d'un cercle vicieux

Relancé sur la contradiction apparente de sa position, l'opposition refusant de participer à un dialogue dont le format n'offre aucune garantie sur l'exclusion des sujets sensibles, le sénateur a fermement rejeté l'idée d'un « cercle vicieux » arrangeant la majorité. Il a plutôt suggéré que l'opposition avait « intérêt à réclamer, à ce stade, le droit de participer à la préparation du dialogue », insistant sur le fait que cette demande de dialogue émane à la fois de la communauté internationale et des forces politiques et sociales congolaises, opposition comprise. « On ne peut pas concevoir qu'on ne mette pas en place les mécanismes pour que chacun puisse avoir un espace d'expression », a-t-il conclu.

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