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Politique

Les cartes de crédit ont été instaurées par moi-même : Masangu Mulongo relance l'affaire des cartes liées au T

L'ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, a affirmé mardi 6 octobre être à l'origine des cartes de crédit mises à disposition de hauts responsables de l'État pour leurs missions à l'étranger, un dispositif dénoncé en 2021 par l'Inspection générale des finances.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Les cartes de crédit ont été instaurées par moi-même : Masangu Mulongo relance l'affaire des cartes liées au Trésor
Photo d'illustration© IMF Staff Photographer/Eugene Salazar, Wikimedia Commons (Public domain)

Déclarations de Masangu Mulongo sur l'origine du dispositif

Jean-Claude Masangu Mulongo a déclaré lors d'un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala que « les cartes de crédit ont été instaurées par moi-même ». Il a expliqué que le système avait été créé pour répondre au problème de responsables d'État partant en mission « sans même de l'argent de mission ». Selon lui, la Banque centrale du Congo avait choisi d'émettre ces cartes « au nom de la Banque centrale du Congo et non pas au nom du gouvernement » en raison de sa crédibilité et de la nécessité de faire face à des déplacements décidés à la dernière minute.

Il a décrit un usage encadré des cartes, limité au paiement du transport (billet d'avion, taxi, location de véhicule), du logement et de la restauration, en excluant explicitement les achats de vêtements comme des cravates ou des chemises. Chaque carte disposait d'un plafond mensuel fixé selon le titulaire, citant l'exemple d'une limite de 15 000 $. En cas de dépassement, le titulaire devait « se débrouiller ». Masangu Mulongo a affirmé que la Banque centrale avait « l'autorisation de débiter le compte du Trésor », agissant comme simple intermédiaire.

Historique et contexte de l'affaire

Le dispositif aurait démarré vers 2002 et était en vigueur en 2003, sous la transition dite « 1+4 ». Les bénéficiaires comprenaient le président de la République, le ministre des Finances, les quatre vice-présidents et leurs collaborateurs, ainsi que les ambassadeurs itinérants et les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Masangu Mulongo a indiqué avoir laissé le système en l'état à son départ de la BCC en 2013, tout en reconnaissant qu'« après moi, effectivement, il y a eu des cartes qui n'ont pas été remises ».

L'affaire avait éclaté en juin 2021 après une révélation de Jeune Afrique, basée sur une lettre du 24 mai 2021 de l'inspecteur général des finances Jules Alingete Key au ministre des Finances Nicolas Kazadi. L'IGF avait signalé l'existence de cartes de crédit directement liées au compte du Trésor, émises par la Rawbank, et relevé des paiements d'environ 174 millions de francs congolais imputés à un compte d'attente de la BCC au nom de l'État. Elle avait jugé le dispositif contraire aux règles sur les dépenses publiques et demandé son annulation.

Le 31 mai 2021, le ministre des Finances avait instruit le gouverneur de la BCC, Déogratias Mutombo, d'annuler ces cartes. La Rawbank avait ensuite désactivé une trentaine de cartes, dont plusieurs déjà expirées. Une liste consultée par Jeune Afrique comptait 32 noms, incluant d'anciens ministres du gouvernement Ilunga Ilunkamba et des proches de Joseph Kabila, comme le général François Olenga, qui aurait détenu une carte de 2011 à 2019.

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